Introduction à la Kabbale

Concepts

Définition

Origines

Caractéristiques

Concepts


Dieu la Contraction le Tout
les Voiles le Plaisir le Mal
la Restauration le Golem  

Dieu

La Kabbale considère Dieu sous deux angles : par son aspect connaissable, c'est-à-dire accessible aux outils de connaissance de l'homme (corps, sentiments, raison, intuition) et par son aspect inconnaissable, inaccessible à l'homme de part la nature finie et limitée de ce dernier. Ces deux aspect peuvent être aussi évoqués sous l'appellation manifesté et non-manifesté. En schématisant on peut considérer que la Kabbale est à la fois gnostique et agnostique. Lorsque l'homme aura appréhendé tout ce qu'il lui était possible d'appréhender de Dieu, il se heurtera au mur du non-manifesté. Ce choc, cette impasse n'est pas stérile mais l'étape nécessaire à une connaissance directe, sans aucun intermédiaire. L'homme ne comprend plus mais est. Il est devenu Dieu en pleine conscience. 

Peut être est-il bon de proposer ici une définition de Dieu car c'est trop souvent un concept flou auquel on ne croit pas. Dieu est vu à la fois comme origine : ce qui a créé l'univers manifesté, le point de départ du temps, l'illusion du fini, et comme but : le plus haut état de conscience auquel l'homme peut prétendre accéder.

Nous sommes loin ici du concept puéril du vieillard barbu et colérique. Dieu est ce qui englobe toute la création, sa source en dehors du temps (la notion d'antériorité n'a de sens que dans un contexte fini, soumis au temps) et un champ de conscience  permettant de tout comprendre, c'est à dire d'être tout (aspect fusionnel). Dieu est ainsi Cause Première, Architecture primordiale, chaos et vie...

   

la Contraction

La Contraction ou Tsimtsum est le processus d'autolimitation de Dieu, l'aménagement volontaire d'un espace fini, borné, au sein du divin. Cet espace rend possible les formes, reflets d'infini assiégés de néant. Ces formes sont univers, éthérées comme les archétypes, denses comme les corps physiques. Dans cet espace aménagé, l'immédiateté n'est plus. Le temps s'écoule et les formes s'altèrent jusqu'à se briser et retourner à leur état premier. Pourquoi ce processus ? Dieu étant parfait  que lui reste-t-il à prouver ? Rien ou sinon faire l'expérience de l'imperfection ? Rien ou la Volonté d'Aimer c'est-à-dire créer des êtres amenés à connaître le même destin : devenir Dieu. La contraction apparaît comme la condition sine qua non à l'émergence de Dieux, libres et soi-conscients, au sein de Dieu. Ainsi, selon la Kabbale, le néant fait partie intégrante de Dieu lui même. La Perfection, le Tout, ne pouvant rien s'ajouter, décida de se restreindre.

   

le Tout

Comme tout système reflète son point de départ, l'homme et l'univers sont l'image de la Cause première de leur existence. La Kabbale considère que Dieu est tout, que tout n'est pas Dieu mais que tout reflète Dieu. Tout n'est pas Dieu car ce qui est fini ne peut refléter ce qui est infini, il n'y a ici que des reflets tronqués, du fait de la nature même du manifesté. Ces reflets, en accroissant leur conscience, augmentent leur capacité à restituer une image de plus en plus exacte de la divinité.

Le Tout est par nature paradoxal : il reflète chaque chose et son contraire apparent. Ainsi au sein du Tout il y a des images proches de la perfection et des images incarnant l'imperfection. L'équilibre précaire du Tout vient de la neutralisation permanente de ces images contraires, de ces forces opposées. L'homme est un équilibriste qui oscille entre deux perceptions radicalement opposées du monde. Seule la synthèse des contraires permettra à l'homme de se tenir debout au sein du monde.

   

les Voiles

Dans l'espace divin aménagé, tout est voilé. Ces voiles sont l'illusion de la séparativité (l'impression d'être séparé du divin) et du temps. Ce sont des filtres à travers desquels nous percevons la réalité. La Kabbale considère qu'il existe 10 voiles fondamentaux, tous les autres filtres étant liés à l'un de ces 10 voiles. Le manifesté (l'univers tel que nous le percevons) apparaît à travers ces voiles et reflète les attributs des voiles dans toutes ses structures. De même la Kabbale considère que le concept du non-manifesté (l'existence en dehors du temps) comporte trois voiles. Tous ces voiles sont la conséquence de l'autolimitation de Dieu dans le processus de contraction. Ils sont à la fois des barrières masquant la divinité et des attributs de la divinité elle-même puisqu'ils font partie intégrante du Tout.

Ces Voiles ou attributs divins sont plus connus sous le nom de Sephiroth (émanations, numérations). Leur disposition et leur relation au sein du Tout est décrit dans le symbole de l'Arbre des Sephiroth.

Les voiles se manifestent au niveau du macrocosme (l'univers) et du microcosme (l'homme). Ce sont des constantes que la Kabbale incite à découvrir dans toutes les structures de notre monde.

Pourquoi ces Voiles ? Ces voiles sont le squelette illusoire qui permet à notre monde d'exister, ce sont les dix courants qui alimentent le fleuve de vie. Ces voiles sont à la fois adjuvants et obstacles, ils permettent à l'homme d'exister, d'avoir l'illusion d'être séparé du divin. Ils sont également les forces nécessaires pour briser l'illusion. Ce franchissement d'obstacles, ce déchirement progressif des voiles, est ce qui permet à l'homme d'étendre sa connaissance et d'atteindre la divinité en pleine lucidité. Pour prendre conscience d'un état, il faut avoir été étranger à cet état.

     

le Plaisir

L'homme est une créature de plaisir. La quête de la jouissance est le moteur de la réalisation de soi. Quelque soit la nature du plaisir recherché, charnel (stimulation des cinq sens), affectif (sentiments) ou cérébral (savoir, pouvoir), l'homme va déployer des efforts considérables (volonté, courage, imagination, sacrifice, inventivité, ...) pour y accéder. Ce sont ces efforts qui contribuent à faire évoluer l'homme. A cette quête s'ajoute l'insatisfaction chronique de l'être humain, insatisfaction liée au caractère éphémère de son plaisir. Ce caractère pousse l'homme à chercher des plaisirs de plus en plus durables et des désagréments de moins en moins fréquents. Pour cela il lui faut maîtriser les sources de désagréments et étendre son influence : ce que je contrôle est plus susceptible de me donner du plaisir que ce que je ne maîtrise pas. On voit ici apparaître le renforcement de l'égoïsme comme une étape nécessaire à l'évolution de l'homme. Cependant les conflits entre les désirs égoïstes divergents sont sources de désagréments. Les hommes cherchent donc ensuite à faire converger leur plaisir. L'égoïsme s'effrite, des mouvements de groupe s'amorcent. Bien sûr des conflits persistent : s'ils ne sont pas sources de plaisir, ils doivent être résolus. Pour résoudre tous les conflits les hommes devront s'unir et unir leur conscience avec le tout. Faisant un avec la réalité, la notion d'opposition, de désagrément, d'accès à l'objet désiré, etc.. n'aura plus de sens. La quête du plaisir est la résolution de la distance qui sépare celui qui désire de ce qu'il désire. Les efforts déployés par l'humanité tendent à réduire cette distance, jusqu'à la disparition totale de cette distance : l'accès à une conscience fusionnelle.

   

le Mal

  la Restauration

Pour les kabbalistes, le mal fait partie intégrante de la création. Son origine est exprimée différemment suivant la sensibilité des auteurs. Pour les uns, Dieu, afin de créer, c'est-à-dire offrir un espace de liberté en lui-même, doit se nier.  Au niveau des hommes, cette négation se manifeste par des antagonismes violents et permanents. Pour d'autres, le mal résulte d'un déséquilibre entre Chesed et Geburah. Enfin, certains considèrent que, Kether contenant l'ensemble des potentialités, c'est aux hommes agissant dans Malkuth d'exprimer tel ou tel aspect. Le mal est alors le résultat (comme l'harmonie) du libre-arbitre de l'homme. Maîtrisant peu à peu les nuances de l'ultime palette, l'homme atténuant les déséquilibres esquisse son destin.

Quelque soit l'origine du mal, l'homme apparaît comme un médiateur des énergies qui s'écoulent. Dieu non-manifesté est parfait en tant que Tout sans dualités. Dieu manifesté est imparfait : soumis au temps, les énergies ne peuvent se compenser exactement, il y a déséquilibre : Dieu serait "momentanément" imparfait. Il faut donc restaurer l'équilibre premier : accéder à Kether en pleine conscience. Recevoir (origine du mot kabbale...) est une des clés du processus de restauration : dans l'ensemble des potentialités contenues en Kether, il existe l'exacte compensation de tel ou tel déséquilibre. Si l'homme devient capable de recevoir cette énergie correctrice (c'est-à-dire la percevoir et la maîtriser - il devient "Juste") alors le déséquilibre qui se manifeste en Malkuth cessera.