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Dieu
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La
Kabbale considère Dieu sous deux angles : par son aspect connaissable,
c'est-à-dire accessible aux outils de connaissance de l'homme
(corps, sentiments, raison, intuition) et par son aspect inconnaissable,
inaccessible à l'homme de part la nature finie et limitée de
ce dernier. Ces deux aspect peuvent être aussi évoqués sous
l'appellation manifesté et non-manifesté. En schématisant on
peut considérer que la Kabbale est à la fois gnostique et agnostique.
Lorsque l'homme aura appréhendé tout ce qu'il lui était possible
d'appréhender de Dieu, il se heurtera au mur du non-manifesté.
Ce choc, cette impasse n'est pas stérile mais l'étape nécessaire
à une connaissance directe, sans aucun intermédiaire. L'homme
ne comprend plus mais est. Il est devenu Dieu en pleine conscience.
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Peut
être est-il bon de proposer ici une définition de Dieu car c'est
trop souvent un concept flou auquel on ne croit pas. Dieu est
vu à la fois comme origine : ce qui a créé l'univers manifesté,
le point de départ du temps, l'illusion du fini, et comme but
: le plus haut état de conscience auquel l'homme peut prétendre
accéder.
Nous
sommes loin ici du concept puéril du vieillard barbu et colérique.
Dieu est ce qui englobe toute la création, sa source en dehors
du temps (la notion d'antériorité n'a de sens que dans un contexte
fini, soumis au temps) et un champ de conscience permettant
de tout comprendre, c'est à dire d'être tout (aspect fusionnel).
Dieu est ainsi Cause Première, Architecture primordiale, chaos
et vie...
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la Contraction
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La
Contraction ou Tsimtsum est le processus d'autolimitation de
Dieu, l'aménagement volontaire d'un espace fini, borné, au sein
du divin. Cet espace rend possible les formes, reflets d'infini
assiégés de néant. Ces formes sont univers, éthérées comme les
archétypes, denses comme les corps physiques. Dans
cet espace aménagé, l'immédiateté n'est plus. Le temps s'écoule
et les formes s'altèrent jusqu'à se briser et retourner à leur
état premier. Pourquoi ce processus
? Dieu étant parfait que lui reste-t-il à prouver ? Rien
ou sinon faire l'expérience de l'imperfection ? Rien ou la Volonté
d'Aimer c'est-à-dire créer des êtres amenés à connaître le même
destin : devenir Dieu. La contraction apparaît comme la condition
sine qua non à l'émergence de Dieux, libres et soi-conscients,
au sein de Dieu.
Ainsi, selon la
Kabbale, le néant fait partie intégrante de Dieu lui même. La
Perfection, le Tout, ne pouvant rien s'ajouter, décida de se
restreindre.
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le Tout
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Comme
tout système reflète son point de départ, l'homme et l'univers
sont l'image de la Cause première de leur existence. La Kabbale
considère que Dieu est tout, que tout n'est pas Dieu mais que
tout reflète Dieu. Tout n'est pas Dieu car ce qui est fini ne
peut refléter ce qui est infini, il n'y a ici que des reflets
tronqués, du fait de la nature même du manifesté. Ces reflets,
en accroissant leur conscience, augmentent leur capacité à restituer
une image de plus en plus exacte de la divinité.
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Le Tout est par
nature paradoxal : il reflète chaque chose et son contraire
apparent. Ainsi au sein du Tout il y a des images proches de
la perfection et des images incarnant l'imperfection. L'équilibre
précaire du Tout vient de la neutralisation permanente de ces
images contraires, de ces forces opposées. L'homme est un équilibriste
qui oscille entre deux perceptions radicalement opposées du
monde. Seule la synthèse des contraires permettra à l'homme
de se tenir debout au sein du monde.
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les Voiles
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Dans
l'espace divin aménagé, tout est voilé. Ces voiles sont l'illusion
de la séparativité (l'impression d'être séparé du divin) et
du temps. Ce sont des filtres à travers desquels nous percevons
la réalité. La Kabbale considère qu'il existe 10 voiles fondamentaux,
tous les autres filtres étant liés à l'un de ces 10 voiles.
Le manifesté (l'univers tel que nous le percevons) apparaît
à travers ces voiles et reflète les attributs des voiles dans
toutes ses structures. De même la Kabbale considère que le concept
du non-manifesté (l'existence en dehors du temps) comporte trois
voiles. Tous ces voiles sont la conséquence de l'autolimitation
de Dieu dans le processus de contraction. Ils sont à la fois
des barrières masquant la divinité et des attributs de la divinité
elle-même puisqu'ils font partie intégrante du Tout.
Ces
Voiles ou attributs divins sont plus connus sous le nom de Sephiroth
(émanations, numérations). Leur disposition et leur relation
au sein du Tout est décrit dans le symbole de l'Arbre des
Sephiroth.
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Les
voiles se manifestent au niveau du macrocosme (l'univers) et
du microcosme (l'homme). Ce sont des constantes que la Kabbale
incite à découvrir dans toutes les structures de notre monde.
Pourquoi
ces Voiles ? Ces voiles sont le squelette illusoire qui permet
à notre monde d'exister, ce sont les dix courants qui alimentent
le fleuve de vie. Ces voiles sont à la fois adjuvants et obstacles,
ils permettent à l'homme d'exister, d'avoir l'illusion d'être
séparé du divin. Ils sont également les forces nécessaires pour
briser l'illusion. Ce franchissement d'obstacles, ce déchirement
progressif des voiles, est ce qui permet à l'homme d'étendre
sa connaissance et d'atteindre la divinité en pleine lucidité.
Pour prendre conscience d'un état, il faut avoir été étranger
à cet état.
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le Plaisir
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L'homme
est une créature de plaisir. La quête de la jouissance est le
moteur de la réalisation de soi. Quelque soit la nature du
plaisir recherché, charnel (stimulation des cinq sens),
affectif (sentiments) ou cérébral (savoir, pouvoir), l'homme
va déployer des efforts considérables (volonté, courage,
imagination, sacrifice, inventivité, ...) pour y accéder. Ce
sont ces efforts qui contribuent à faire évoluer l'homme. A
cette quête s'ajoute l'insatisfaction chronique de l'être
humain, insatisfaction liée au caractère éphémère de son
plaisir. Ce caractère pousse l'homme à chercher des plaisirs
de plus en plus durables et des désagréments de moins en moins
fréquents. Pour cela il lui faut maîtriser les sources de
désagréments et étendre son influence : ce que je contrôle
est plus susceptible de me donner du plaisir que ce que je ne
maîtrise pas. On voit ici apparaître le renforcement de
l'égoïsme comme une étape nécessaire à l'évolution de
l'homme. Cependant les conflits entre les désirs égoïstes
divergents sont sources de désagréments. Les hommes cherchent
donc ensuite à faire converger leur plaisir. L'égoïsme
s'effrite, des mouvements de groupe s'amorcent. Bien sûr des
conflits persistent : s'ils ne sont pas sources de plaisir, ils
doivent être résolus. Pour résoudre tous les conflits les
hommes devront s'unir et unir leur conscience avec le tout.
Faisant un avec la réalité, la notion d'opposition, de
désagrément, d'accès à l'objet désiré, etc.. n'aura plus
de sens. La quête du plaisir est la résolution de la distance
qui sépare celui qui désire de ce qu'il désire. Les efforts
déployés par l'humanité tendent à réduire cette distance,
jusqu'à la disparition totale de cette distance : l'accès à
une conscience fusionnelle. |
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le Mal
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la Restauration
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Pour
les kabbalistes, le mal fait partie intégrante de la création.
Son origine est exprimée différemment suivant la sensibilité
des auteurs. Pour les uns, Dieu, afin de créer, c'est-à-dire
offrir un espace de liberté en lui-même, doit se nier.
Au niveau des hommes, cette négation se manifeste par des
antagonismes violents et permanents. Pour d'autres, le mal
résulte d'un déséquilibre entre Chesed et Geburah. Enfin,
certains considèrent que, Kether contenant l'ensemble des
potentialités, c'est aux hommes agissant dans Malkuth
d'exprimer tel ou tel aspect. Le mal est alors le résultat
(comme l'harmonie) du libre-arbitre de l'homme. Maîtrisant peu
à peu les nuances de l'ultime palette, l'homme atténuant les
déséquilibres esquisse son destin.
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Quelque
soit l'origine du mal, l'homme apparaît comme un médiateur des
énergies qui s'écoulent. Dieu non-manifesté est parfait en
tant que Tout sans dualités. Dieu manifesté est imparfait :
soumis au temps, les énergies ne peuvent se compenser
exactement, il y a déséquilibre : Dieu serait
"momentanément" imparfait. Il faut donc restaurer
l'équilibre premier : accéder à Kether en pleine conscience.
Recevoir (origine du mot kabbale...) est une des clés du
processus de restauration : dans l'ensemble des potentialités
contenues en Kether, il existe l'exacte compensation de tel ou
tel déséquilibre. Si l'homme devient capable de recevoir cette
énergie correctrice (c'est-à-dire la percevoir et la
maîtriser - il devient "Juste") alors le
déséquilibre qui se manifeste en Malkuth cessera. |
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